MIOS EST MAGIQUE
Source : handline n°199
La rage au ventre, la pétillante troupe de Mios a décroché le premier titre de son histoire au nez et à la barbe de Metz. Au terme d'une guerre des tranchées où elles ont lutté côte à côte sans jamais se désunir, Myriam Borg et ses magiciennes de copines ont affiché, une fois encore, les valeurs qui leur permettent de renverser des montagnes. Avec le cœur et la manière.
Il fallait s'y attendre. Le premier acte, vendredi, et ses deux demi-finales endiablées, avaient imprimé le rythme d'un week-end de Coupe de France destiné à offrir son lot de rebondissements. Oui, il fallait s'attendre à une finale engagée, bouillonnante. Le Palais des Sports de Pau ne s'y était d'ailleurs pas trompé, noircissant un peu plus ses tribunes, dans le sillage d'un cop miossais toujours aussi présent. Dans l'arène, l'ogre messin rêve d'un triplé inédit alors que Mios, troublion toujours prêt à dévorer plus gros que lui, s'adonne à la douce valse de l'échauffement. Tous les ingrédients étaient bel et bien réunis pour que ce final 2009 soit un véritable régal. Même le soleil, bien timide jusqu'alors, avait décidé de s'inviter aux agapes.
A peine le coup d'envoi donné, on devine déjà que la lutte sera féroce. Mambo donne le tempo en enfilant la première perle. Ognejenovic lui renvoie la politesse. Par trois fois. C'est le moment que choisit Stella Joseph-Mathieu pour calmer les ardeurs des assaillantes lorraines. Les deux armadas ne lâchent rien. Jusqu'à la vingtième minute de la première période, où Mios semble soudain un peu moins à son affaire alors que le trio slave composé de Lovric, Horacek et Ognejenovic affole le compteur. Metz rentre au vestiaire avec trois longueurs d'avance.
Joseph-Mathieu, la main chaude
Il aurait alors été aisé de penser que la Coupe avait trouvé son vainqueur. Indélicat même, d'oublier qu'en championnat, la troupe d'Emmanuel Mayonnade avait été la première à accrocher Metz à son tableau de chasse cette saison. Dès la reprise, Ori et Iacob lancent un avertissement à leurs adversaires. Mios ne rendra pas la tâche aisée à l'ogre lorrain. Toujours devancées de quelques longueurs, les Aquitaines s'accrochent férocement. Hemery ne manque rien sur son aile gauche, se permet même quelques délicieuses fantaisies. Tandis que Iacob, en furie, se jette, corps et âme sur le cuir. Le chaos est proche au Palais des Sports de Pau. La foudre va frapper. Metz ou Mios ?
A un quart d'heure du terme, les demoiselles de Gironde reviennent à hauteur, prennent la main, insolentes, vaillantes et fières. Elles ne la rendront plus jamais aux Messines. Dans l'euphorie générale, la Roumaine de Mios voit un nouveau ballon improbable lui retomber dans le creux de la main. Et quand Stella Joseph-Mathieu, impériale, stoppe le dernier jet de sept mètres offert à Svetlana Ognejenovic, la salle se nimbe de jaune et de noir. Mios est irréductible. Menacé il y a peu, de ne pas évoluer en LFH la saison prochaine, le club des bords de l'Atlantique n'a pas fait défaut à sa réputation de mangeur d'ogre et s'offre le premier titre de son histoire à force de solidarité et d'amour partagé. Une si belle histoire...